L'histoire du Club Sportif Constantinois

 

La grande histoire du Doyen

 

Plus qu’un club de football, le CSC est toute une histoire, une légende qui puise ses racines dans les terres de Constantine. à travers les années de son éxistence c'est toute l'histoire de l'algérie et les hommes qui ont fait honneur au pays qui défile.

Parler du sport algérien ne peut se faire sans parler du doyen des doyens : le CSC, la première association sportive de football de l’Algérie.

Malgré les pressions colonialistes et les douloureux événements historiques que connut notre pays, cette association sportive perdura au fil du temps sous trois sigles différents :

- IKBAL Emancipation de 1898 à 1909.

- L’étoile du Club Musulman Constantinois de 1916 à 1918

- Le CSC depuis le 26 juin 1926.

Trois sigles mais un seul club, avec les mêmes objectifs, les mêmes valeurs et les mêmes couleurs..


1898 - 1909
IKBAL EMANCIPATION

Vers la fin du 19me siècle, après plus de 50 années de domination coloniale depuis la prise de Constantine en 1837, un groupe d’amis eurent l’idée de promouvoir la culture et le sport à Constantine et créèrent le CSBC (Cercle Salah Bey Constantinois).

Ainsi, le CSBC qui avait son siège à Sidi Djellis (dans la vieille ville) donna naissance en 1898 à un club de football , l’ IKBAL Emancipation, dont le premier comité se réunira à la ferme Bencheikh Lefgoun Sarkina.
Les couleurs choisies étaient le Vert et le Noir traduisant l’espérance en deuil.

Le CSBC promulgua un grand nombre d’associations culturelles et sportives autres que le football avec l’appui de tous les constantinois qui répondirent favorablement pour s’impliquer dans les différentes activités. (théâtre, musique, scootisme etc.)

Ainsi, cette période fût le grand départ du mouvement culturel et sportif dans notre pays et plus particulièrement à Constantine dont le nom est gravé dans l’histoire.
Leurs situations étaient évidemment jugées irrégulières par bon nombre de colonialistes qui étaient contre l’existence d’une quelconque activité de la société musulmane de Constantine.

L’activité grandissante des indigènes musulmans n’était pas sans laisser les colonisateurs insensibles et c’est ainsi que, de pressions en pressions, les forces coloniales arrivèrent à procéder à sa mise à mort en 1909.

De 1909 à 1912, l'administration coloniale s'accaparent du nom de l'association et l'utilise à sa guise en déviant la nature de son activité, l'association devient une structure sans âme et ses vrais dirigeants entrent dans la clandestinité.


1916 - 1918
ETOILE CLUB MUSULMAN CONSTANTINOIS

Le club de football IKBAL Emancipation réapparaîtra toutefois en 1916 avec les mêmes couleurs mais cette fois-ci sous le nom de l’étoile Club Musulman Constantinois au café turque Fandouk Zait exploité à l’époque par Si Mohamed Hadjar.


En 1916, l’étoile Club Musulman Constantinois bat l’AS Montpellier à Alger lors d’une rencontre qui s’est déroulée au Champ manœuvre, sur le score de 2 à 0 buts marqués par Fedaoui Lamri et Zellagui Ahmed.


L’étoile Club Musulman Constantinois devient Champion d’Algérie.


La même année, il remporte la coupe d’Afrique du Nord, en battant le Stade Gaulois Tunis par 4 buts 2, après s’être qualifié au préalable aux dépens du Red-Star d’Alger classé second au titre du championnat national.

L’étoile Club Musulman Constantinois eut une existence de courte durée en raison du déclenchement de la première guerre mondiale (1914-1918) et se résigna à disparaître après l’armistice signé le 11 novembre 1918, sous la contrainte du pouvoir colonial.


1926 - aujourd’hui
CLUB SPORTIF CONSTANTINOIS

 

L’étoile Club Musulman Constantinois réapparaîtra sur la scène sportive le 26 juin 1926 au café du Bon AIR au lieu dit Tabia, exploité à cette époque par Manceri Salah. Le club adoptera le sigle C.S.C toujours avec les mêmes couleurs vert et noir.

1928-1939

Le CSC se trouvait confronté durant cette époque à deux Club Français au niveau de Constantine :

§ L’AS Constantine présidé par Langlade Henri, propriétaire de la pâtisserie Boulahbal Rue BenMhidi. Ce club n’était composé que d’éléments Français de souche.

§ L’US Constantine présidé par Momy Maurice, le Maire de la ville de AIN Smara et le propriétaire de tout le domaine environnant dont la ferme à proximité du restaurant Chouder actuellement. Le club était composé de Français de souche, de Maltais ainsi que d’Italiens résidant à l’ex Faubourg Saint-Jean (boulevard Boudjeriou)Le neveu de Momy Maurice, un grand gardien de but ainsi que Lora Luis (menuisier de profession), un avant centre de haut niveau, optèrent pour le C.S.C.

La promulgation des fameux code Régnier et décret Crémieux exigeaient obligatoirement l’intégration au sein des clubs musulmans de 5 puis 3 éléments français. Le Maire ou un commissaire de police de Constantine, accompagné de policiers, se présentait chaque dimanche aux stades Vincent (Gare Lamoricire zone industrielle Palma actuellement) ou Turpin (Benabdelmalek actuellement) pour vérifier les feuilles de matchs avec les pièces d’identité. Si cette condition n’était pas vérifiée, la rencontre n’avait pas lieu et un match perdu était prononcé par la ligue.

Le CSC a ainsi souffert durant des décennies des pressions et contraintes coloniales.

 

Une décennie avant le déclenchement de la révolution, le club avait pour local un studio (une pièce et cuisine) dans l’immeuble du plan, au 2 de la rue Petit actuellement Rue Bouderbala.

1939-1945

Durant la seconde guerre mondiale de 1939 1945, l’activité footballistique fut réduite, pour laisser place, en 1942, à un groupe de clubs de quartiers qui virent le jour, dont le Sans Souci Sportif Constantinois qui représentait les quartiers de la vieille ville entre autres : Bin Lemnahel, Haoumet Etabala, Sidi Abdelmoumne, Zelaika, Batha, Sidi Rached, Sabat El Bouchaibi.

Adopté ensuite par le C.S.C, l’ensemble de ses dirigeants, pratiquants et sympathisants, allèrent agrandir les rangs du Doyen qui allait prendre l’appellation de Club Populaire de Constantine (Ouled Sidi Rached).

Au cours de l’année 1945, quelques mois avant les douloureux événements du 8 Mai, le CSC a projeté l’idée de créer une ligue régionale de football musulmane afin de renverser la ligue coloniale existante. Les promoteurs étaient Abderahim Salah, Aouabdia Sassy et Maitre Belhadj Said si Cherif, avocat qui présidait le CSC à cette époque. Le dirigeant de la ligue coloniale, Albert Redares, en fut informé par certains dénonciateurs et alerta les services de police de la préfecture qui décidèrent de faire une descente sur le local de la société au N 2 de la rue poule (actuellement rue Bouderbala).

 

Ils ne durent leur salut qu’à l’inspecteur de police, Roger Sales, qui évoluait comme avant centre et qui les alerta immédiatement de la descente. A leur arrivée au local, ce dernier était déjà fermé et l’ensemble des membres du comité avait déjà rejoint leurs domiciles.

 

Mai 1955 - 1963

Le déclenchement de la guerre de libération nationale mettait dans l’obligation le Club de cesser toute activité. En outre, le club recevait des menaces de toutes parts et plus particulièrement de la ligue Régionale Coloniale. Joueurs, dirigeants et sympathisants se dispersèrent les uns après les autres pour prendre le maquis et servir la cause nationale.

Les retrouvailles, sept années plus tard eurent lieu lors de la première assemblée générale mémorable en août 1962, dans une salle du stade Benabdelmalek.


Le club était fier d’avoir participé à la grande bataille pour recouvrer l’indép
endance nationale. Après cette première assemblée, le C.S.C se lançait de nouveau dans les compétitions sportives. Après maints efforts, notamment sur les plans matériels et financiers, il parvint à se relancer.

 

1964-1977

De génération en génération, des pratiquants et des dirigeants prirent le relais et le C.S.C continua son chemin.

Le CSC a accédé en division nationale II (saison 1965/1966) puis en division nationale (saison 1966/1967) en même temps que la JSKabylie.


Le CSC a été vice champion d’Algérie au cours de la saison 1971/1972 après s’être classé second derrière le MCOran. La FAF de cette époque l’avait usurpé d’une participation de la coupe arabe pour des raisons qu’elle n’a jamais voulu dévoiler.

Le CSC est à l’origine de la modification, sur le plan international par la fédération internationale de football association (FIFA), de la réglementation des tirs de penalties.

Le 14 mars 1971 à Sétif, le CSC réalise une série de 49 penalties contre le CR Belcourt lors d’une rencontre de coupe d’Algérie. Le CSC avait alors éliminé le grand C.R.B de Lalmas, Kalem, Abrouk, Selmi.

 

1977-1989

L’ordonnance du 23 octobre 1976, portant sur le code de l’éducation physique et des sports, suivie par l’arrêté du 10 juillet 1977, instituant le sport de performance dans notre pays, avaient coïncidé avec une seconde accession de notre équipe seniors de football (saison 76/77) en première division.

Le CSC devenait association sportive de performance (ASP) et son intégration dans le cadre de l’ordonnance du 23 octobre 1976, allait être effectuée auprès d’une société nationale étatique désignée par le Ministre de la Jeunesse et des Sports. Le CSC fût la première à répondre positivement sur le plan national. Ces textes et son transfert officiel eurent lieu le 26 juillet 1977.

Le CSC fut intégré à la Sonacome, unité de Oued Hamimime Constantine dont le siège se trouvait Sidi Belabbes (Direction Générale) et devint ainsi Chabab Mécanique Constantinois, puis Chabab Sinaa Cirta, puis Nadi Riadhi Kassentini suite à l’arabisation des sigles.


Cette intégration, tant sur le plan administratif que financier, ainsi que sur le plan de la gestion en général, devait durer jusqu la fin de la saison 1990/1991, avec un retour progressif vers son état initial depuis la saison 1989/1990, en raison de la conjoncture économique de notre pays et de l’autonomie de la plus grande partie des entreprises publiques nationales dont la Sonacome/ PMA.


L’association reprit son sigle initial et le CSC organisa une assemble générale le 5 juin 1989 au cours de laquelle un comité fût élu avec à sa tête le docteur Mourad Belhadj Mostapha. Ce comité se devait de continuer à collaborer avec la Sonacome jusqu la fin de la saison 1990/1991.

 

1996/1997

Le 26 juin 1997, le club bat l’ USM Alger lors d’une rencontre qui s’est déroulé à Bologhine, sur le score de 1 – 0, but marqué par Kaoua Mouloud.

Le CSC devient Champion d’Algérie.

Constantine est en liesse, toute une population sort dans les rues, les boulevards et les artères pour crier sa joie. Les cafés et les habitations s’agitent dans la joie pour fêter cet heureux événement.

99 années s’étaient écoulées depuis la création du club…

 

Un grand salut à tous ceux qui ont contribué à ce sacre, à tous ceux qui ont porté le club dans leurs coeurs à travers toutes ces années..vive le CSC, et vive Constantine DIMA.

 

Nos remerciments à l'Hadj Mohamed Salah Beldjoudi auteur du livre sur  lequel on a pris ces extraits..CSConstantine.Net